Une mer d'eau douce sous les Corbières

Publié le par grenadine

 

 

Une mer d'eau douce sous les Corbières SID MOKHTARI 07/01/2012, 06 h 00

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  C’est par la spectaculaire résurgence de la Font Estramar à Salses-le-Château que l’on peut pénétrer dans la nappe. C’est par la spectaculaire résurgence de la Font Estramar à Salses-le-Château que l’on peut pénétrer dans la nappe. (Photo FRANÇOISE TALLIEU)

 

 

Entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales, les collines calcaires du massif des Corbières sont un immense gruyère parsemé de grottes, de gouffres, d’abîmes (“barrancs” en occitan) et failles. L’eau de pluie et des rivières s’y infiltre, et s’accumule avant de s’écouler vers les étangs du littoral et la Méditerranée. Le cycle se répète, à l’infini...

 

Un hydrogéologue se passionne depuis plus de cinquante ans pour ce formidable château d’eau entre Narbonne et Perpignan qui, selon lui, renferme la plus grande réserve d’eau douce du Sud de la France et peut-être même d’Europe !

 

Les réserves se reconstituent instantanément Henri Salvayre est docteur en hydrogéologie, ancien professeur des universités de Perpignan et de Bordeaux et spéléologue. Il estime à 1 000 km2 la superficie de cette mer souterraine, divisée en trois grands réservoirs. Soit 14 fois l’étendue de l’étang de Thau !

 

Mais d’une profondeur bien plus importante puisqu’elle est estimée entre 400 et 600 m. Cela représente plusieurs centaines de millions de m 3 d’eau. Une eau potable, d’une parfaite qualité et qui a l’avantage d’être renouvelable :

"Les réserves souterraines des Corbières se reconstituent instantanément, contrairement à l’eau puisée dans les plaines de l’Aude et des Pyrénées-Orientales qui a 5 000 ou 10 000 ans et qui ne se renouvelle pas.

 

En 1907, quand on forait, elle jaillissait à 15 m de haut. Aujourd’hui, il faut creuser jusqu’à 25 m et ça va continuer.

 

On épuise donc cette ressource parce qu’elle est fossile." Henri Salvayre souhaiterait une prise de conscience des élus et administrations des deux départements de l’importance “stratégique” de la mer souterraine des Corbières et sur l’impérieuse nécessité de la préserver. Car des forages intempestifs peuvent la polluer.

 

Cousteau, Haroun Tazieff et Alain Bombard s’y sont intéressés Le scientifique aimerait aussi évaluer précisément la dimension du château d’eau. Pour cela, il préconise la création d’une association pour mener l’exploration et mobiliser les fonds nécessaires.

 

En surface, des scanners peuvent repérer les nappes d’eau souterraines. Mais il faudra entrer dans le réservoir. Et, pour cela, un petit sous-marin automatisé sera indispensable. Le seul accès dans l’immense bassin est une spectaculaire résurgence baptisée la Font Estramar, à Salses-le-Château.

 

Cette ancienne grotte inondée a été explorée jusqu’à 160 m de profondeur, limite des capacités humaines. On n’en connaît pas la profondeur réelle et, du coup, celle de la mer souterraine. Avant Henri Salvayre, le commandant Cousteau, Haroun Tazieff et Alain Bombard se sont intéressés à ce gouffre et y ont plongé.

 

À cette occasion, Cousteau avait même réalisé le premier film sous-marin en couleur !

 

Trois bassins karstiques et de nombreuses résurgences La mer d’eau douce serait, en fait, constituée de trois grands réservoirs karstiques (cavités dans de la roche calcaire, en bleu ci-dessus) :

celui des Corbières maritimes, des Hautes-Corbières et celui de l’Orbieu. Certains sont alimentés par les cours d’eau :

 

Orbieu, Verdouble et Agly. Les points bleus représentent les résurgences qui sont, d’ailleurs, bien plus nombreuses.

 

Trois dans le bassin de l’Orbieu, neuf dans les Hautes Corbières et huit sur le littoral.

 

Les douves du fort de Salses, par exemple, sont remplies par une résurgence.

 

Quant à la Font Estramar, elle alimente un élevage piscicole.

 

La Région financera l'exploration Yves Pietrasanta, vice-président du conseil Régional chargé du développement durable, affirme son intérêt pour le projet : « Avec Didier Codorniou, j’irai voir le professeur Salvayre en février afin de voir ce qu’il propose. Ce serait, en effet, intéressant d’établir la topologie des lieux grâce à des robots sous-marins. Nous aiderons au financement de cette expédition. » Et d’avancer une première estimation de la quantité d’eau utilisable à hauteur de 5 millions de m3 par an.

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wilfrid 06/02/2012 01:02


quel paysage!on se croirait au paradis!félicitation

grenadine 06/02/2012 09:01



Merci d'etre passé nous lire


bonne journée