Sauvés, les flamants roses ont retrouvé les étangs
Sauvés, les flamants ont retrouvé les étangs MARIE PINTADO 18/02/2012, 06 h 00
. D’autres, encore trop faibles, partiront à Pont de Gau dans quelques jours. (AUDREY MARTY)
Allaient-ils prendre leur envol, sitôt libérés du bas avec lequel ils avaient été emmaillotés ? Arriveraient-ils à se tenir sur leurs pattes, face au vent ?
Personne, hier en début d’après-midi, ne pouvait prédire la réaction des flamants roses lors de leur remise en liberté, après avoir passé jusqu’à dix jours au chaud, nourris par la main de l’homme dans la clinique vétérinaire du Dr Péricard. Finalement, sur les 45 oiseaux relâchés à Port-Mahon, pas un ne partira à tire-d’aile.
Les premiers pas jusqu’à l’étang de Sigean sont même engourdis, stigmates de l’état d’affaiblissement dans lequel ils ont été trouvés, au plus dure de la vague de froid qui a balayé les lagunes du Languedoc-Roussillon. "Il faut encore qu’ils refassent leur masse musculaire et leur graisse", explique Jean-Marie Péricard. Épaulé par dix-huit bénévoles, le docteur spécialiste en oiseaux tropicaux est resté au chevet des 74 volatiles victimes de malnutrition qui avaient été récupérés épuisés, les pattes gelées. Certains, trop faibles, n’ont pas survécu à leur transport vers les centres. D’autres ont dû être euthanasiés. Ils s’étaient brisé les ailes sur la glace, en tentant, en vain, de se libérer d’un étang devenu prison de verre.
"Il s’agissait de lésions irréversibles, témoigne le Dr Péricard, incompatibles avec une survie dans la nature".
Pour les autres, un suivi individualisé a permis de surveiller leur évolution, jusqu’à un rétablissement complet. Numéroté à son arrivée, chaque flamant rose a été pesé, gavé, puis observé afin de voir s’il retrouvait les forces nécessaires pour s’alimenter seul.
Hier, les becs plongés dans l’eau saumâtre, les ailes effleurant la surface, ils renouaient doucement avec la nature. Certains resteront sur les lagunes audoises.
Tout au plus iront-ils vers l’Algérie, la Turquie, la Sardaigne ou l’Italie, d’où ils sont originaires. Contrées qu’ils n’avaient jusque-là pas rejointes, leurrés par la douceur de l’hiver en France. Jusqu’au piège d’un vent glacial venu de Sibérie.
Une belle expérience « C’est superbe. La réalité dépasse la fiction ». Le président du Parc naturel régional, Richard Sevcik n’a pas caché son émotion. Sans la mobilisation du Parc, de la Ligue de protection des oiseaux, d’Aude Nature, du docteur Péricard, et de la préfecture, l’hécatombe - aujourd’hui estimée à plus de 400 - aurait été plus lourde encore. Une organisation qui, de l’avis de tous, sera une expérience fort utile, si la faune locale est de nouveau menacée par la nature, ou une quelconque pollution.
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